Organisation en prépa : tenir une semaine sans couler
En prépa, le problème n'est presque jamais la difficulté d'un chapitre. C'est que le cours de lundi doit être su pour la colle de jeudi, pendant que le DM de vendredi arrive et que le DS de samedi porte sur le chapitre d'avant. Voici comment répartir ça sans y passer ses nuits.
Le calcul que personne ne fait
Une semaine compte 168 heures. Retirez 56 heures de sommeil — sept par nuit, on y revient — et environ 35 heures de cours. Reste une centaine d'heures, dont il faut soustraire les trajets, les repas et le minimum vital.
Il vous reste, en pratique, 30 à 40 heures de travail personnel. C'est beaucoup. Et c'est fini : vous ne trouverez pas la 41ᵉ en vous levant plus tôt, vous la prendrez au sommeil, et vous la rendrez au double en efficacité perdue.
L'organisation en prépa n'est donc pas un problème de volonté. C'est un problème d'allocation.
Les quatre choses à caser, par ordre de rendement
1. Le travail du jour (1 h à 1 h 30). Reprendre les cours du jour le soir même, pendant qu'ils sont encore frais. C'est le créneau au meilleur rendement de la semaine, et c'est le premier sacrifié quand on est fatigué. C'est une erreur : un cours repris le soir même se réapprend en vingt minutes, un cours laissé une semaine se réapprend de zéro. Ce qu'il faut noter en cours pour que ce moment serve →
2. Les exercices (2 h à 3 h par jour). Irremplaçables. Aucune méthode de mémorisation ne remplace le fait d'avoir cherché.
3. La mémorisation entretenue (15 à 20 min). Définitions, théorèmes, vocabulaire, dates. Peu à la fois, tous les jours, sur un mélange d'ancien et de récent.
4. Les DM. À étaler, jamais à faire d'un bloc la veille.
Les temps morts valent plus qu'on ne croit
Transports, files d'attente, le quart d'heure avant de dormir : quatre créneaux de dix minutes par jour font presque cinq heures par mois. C'est exactement la durée qu'il faut pour maintenir 2 000 mots de vocabulaire d'anglais.
Ces créneaux ne conviennent pas aux exercices — trop courts, trop interrompus — mais ils conviennent parfaitement à la mémorisation. À condition de ne pas avoir à décider quoi réviser : la décision coûte plus cher que la révision. Combien de cartes tiennent dans ces temps morts →
Quoi sacrifier quand tout ne rentre pas
Certaines semaines, tout ne rentre pas. Il faut alors choisir sciemment plutôt que de laisser le hasard choisir pour vous.
- Sacrifiez d'abord la relecture. C'est le poste au plus faible rendement. Pourquoi relire ne fait rien apprendre →
- Puis la mise au propre des fiches. Une fiche belle n'apprend pas mieux qu'une fiche moche.
- Jamais les exercices, jamais le sommeil.
Le sommeil n'est pas du temps perdu
C'est pendant le sommeil que la mémoire consolide ce qui a été travaillé dans la journée. Réviser au prix d'une nuit courte, c'est payer deux fois : vous perdez en efficacité le lendemain, et vous réduisez ce que la journée d'avant-hier a laissé.
Six heures de sommeil et trois heures de révision valent moins que sept heures de sommeil et deux heures de révision. Ce n'est pas un conseil de confort, c'est le fonctionnement de la consolidation mnésique.
La semaine de DS ou de concours blancs
Une seule règle : n'apprenez rien de nouveau la veille. La veille sert à faire remonter ce qui est déjà en place, pas à construire. Ce qui n'est pas su le vendredi ne le sera pas le samedi, et l'essayer quand même coûte le sommeil qui aurait servi au reste. Préparer une khôlle, semaine par semaine →
Préparer un concours blanc sans tout réviser la veille →
En pratique
Le poste « mémorisation entretenue » est celui qui s'effondre en premier, parce qu'il demande de décider chaque jour quoi réviser. PrépaCards supprime cette décision : les cartes remontent au bon moment, et vous pouvez poser une date de DS ou de khôlle sur un paquet pour que rien ne passe par-dessus l'échéance. Vous pouvez aussi déclarer vos jours de repos — l'application n'y proposera rien.
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